domenica 1 dicembre 2013

Gli incipit della domenica - Alessandro Manzoni, Les fiancés o Lucie Mondella ou la peste de Milan

"Manzoni è uno storico egregio, onde la sua creazione ha conseguito una grande dignità, che lo innalza molto al di sopra di tutto ciò che ordinariamente noi intendiamo per un romanzo" (Lamartine)

"Un giovane religiosissimo, che contende a Lord Byron l'onore di essere il maggior poeta lirico vivente. Ha composto due o tre odi che mi commuovono profondamente .." (Stendhal)

Si contano ventotto edizioni francesi del romanzo nell'Ottocento: le prime del 1828 nella traduzione di Rey Dusseuil e M. Gosselin; l'ultima del 1872 in quella di Auguste de Tillemont. Altre traduzioni: Jean-Baptiste Montgrand (1832-1833), Anthony Dechamps (1841), M.P.T. Michel e Amédée Chaillot (1864).

Alessandro Manzoni
Le bras du lac de Côme qui se dirige vers le midi, entre deux chaînes non interrompues de montagnes, et coule tout entier, selon qu'elles s'en approchent ou qu'elles s'en écartent, en baies et en golfes, vient enfin à se resserrer tout à coup et à prendre le cours et l'apparence d'un fleuve entre un promontoire à droite et une large rivière de l'au tre côte. Le pont qui joint en cet endroit les deux rives l'une à l'autre semble rendre ce brusque passage encore plus sensible à l'œil, il marque le point où le lac finit et l'Adda recommence , pour reprendre ensuite son nom de lac au lieu où les rives, en s'élargissant encore, permet tent à l'eau de se déployer et de ralentir son cours en de nouveaux golfes et de nouvelles baies. La rivière, formée par la réunion de trois gros torrents, descend le long du penchant de deux monts contigus, dont l'un porte le nom de San-Martino, et l'autre, en dialecte lombard, celui de liesegone, à cause de ses nombreuses dentelures qui le font tellement ressembler à une scie, qu'au premier aspect et vu de face, par exemple de la partie des remparts de Milan qui regarde le nord, il n'est personne qui, à ce simple in dice, ne le distingue parfaitement, dans ce long et vaste amas de cimes, des autres montagnes d'un nom plus ob scur et d'une forme plus commune. Durant une bonne partie de son cours, la rivière coule dans un lit d'une pente douce et continue; puis, interrompue dans sa marche par des coteaux et de petits vallons, elle se précipite en cas cade ou s'étend en larges flaques, selon le plus ou moins d'obstacle qu'opposent les deux montagnes et le travail des eaux. La lisière, sillonnée par les bouches des torrents, n'est presque que du gravier et des cailloux ; le reste du sol se compose de champs et de vignobles parsemés de villages, de maisons de plaisance et de chaumières, de loin en loin ce sont des bois qui se prolongent jusque sur la montagne. Lecco, le plus considérable de ces villages, et qui donne son nom au territoire, est situé à peu de dis tance du pont, sur les rives du lac, et même en partie dans le lac quand les eaux viennent à grossir. C'est un grand bourg à l'heure d'aujourd'hui, et qui prend la tour nure de devenir ville. Au temps où se passèrent les événe ments que nous entreprenons de raconter, ce bourg, déjà assez important, était de plus une place forte ; il avait par conséquent l'honneur de loger un gouverneur, et l'avan tage de posséder une garnison permanente de soldats es pagnols qui enseignaient la modestie aux jeunes filles et aux femmes du pays, caressaient de temps à autre les épaules des maris et des pères , et vers la (in de l'été ne manquaient jamais de se répandre dans les vignes pour éclaircir le raisin et soulager le paysan des fatigues de la vendange. De l'un à l'autre de ces hameaux, des hauteurs au lac et d'une hauteur à celle qui l'avoisine, couraient et courent encore un grand nombre de sentiers pratiqués à travers les petites vallées, tantôt escarpés, tantôt unis, tantôt doucement inclinés, la plupart bordés de murs bâtis avec de gros cailloux que revêtent çà et là de vieilles sou ches de lierre dont les barbes dévorent le ciment, en pren nent la place, et tiennent jointes l'une à l'autre les pierres qui verdissent de leur feuillage. En quelques endroits, ces sentiers s'enfoncent tellement, qu'ils sont comme ense velis entre les murs, et le voyageur, en levant les yeux, ne découvre que le ciel et quelque cime de montagne. Ailleurs ce sont des terrasses qui vont en tournant sur le bord d'une esplanade, ou se déploient en saillie sur la pente comme un long escalier, soutenues par des murs qui, en dehors, semblent s'élever sur leur base comme autant de bastions esrarpés, mais qui, sur le sentier même, n'atteignent guère que la hauteur d'un parapet ; et là le voyageur peut promener librement ses regards sur les points de vue les plus variés et les plus délicieux. D'une part, on découvre la plaine azurée du lac, coupée par ses isthmes et ses promontoires, et sur ses bords de riants paysages qui se réfléchissent dans l'eau la tête renversée ; de l'autre, l'Adda, qui, à peine sortie des arches du pont, se répand de nouveau en petit lac, puis se resserre et se prolonge jusqu'à l'horizon en brillants méandres ; en haut les cimes entassées des monts suspendus sur la tête de qui les contemple ; au-dessous le penchant cultivé de la mon tagne, les paysages, le pont; en face la rive opposée du lac, et, en la remontant de l'œil, le mont élevé qui l'en ferme.

Gli incipit della domenica - Alessandro Manzoni, Die Verlobten

"Dopo una simile lettura si prova il bisogno di parlarne all'autore. La mia impressione è stata nuova, forte e potente. Non ho mai letto delle pagine che m'abbiano tanto colpito quanto quelle nelle quali il Manzoni quasi abbandona al sentimento religioso che respira in tutte le sue opere" (Goethe)
I Promessi Sposi ebbero in Germania dieci traduzioni, tutte ottocentesche, la prima nel 1827, l'ultima nel 1873, entrambe nella traduzione di Daniel Lessman. Altre traduzioni: Eduard von Bulow (1828), Gottlob Fink (1851-1854), Milden (1859), Emile Schroder (1867) 

Alessandro Manzoni
Der Arm des Comersees, der sich gegen Süden durch zwei ununterbrochene Bergketten hinzieht und, je nachdem diese hervortreten oder zurückweichen, eine Menge von Buchten und Busen bildet, verengt sich plötzlich und nimmt zwischen einem Vorgebirge zur Rechten und einem gegenüberliegenden weiten Gestade den Lauf und die Gestalt eines Flusses an. Die Brücke, die daselbst beide Ufer verbindet, scheint diese Umwandlung dem Auge noch sichtbarer zu machen und bezeichnet den Punkt, wo der See aufhört und die Adda beginnt. Eine Strecke weiter entfernen sich jedoch die beiden Ufer aufs neue von einander, die Wasserfläche wird breiter und die Adda verwandelt sich wieder in einen See, der in neue Buchten und Busen verläuft. Das Uferland, durch die Anschwemmung dreier großer Gewässer gebildet, senkt sich allmählich und lehnt sich an zwei zusammenhängende Berge, von denen der eine der Sankt Martinsberg, der andere in lombardischer Mundart il Resegone, die große Säge, genannt wird, von seinen vielen emporragenden Spitzen, die ihm in der That das Ansehen einer Säge geben. Wer ihn daher von dem rechten Punkte, wie z.B. von Mailands Basteien aus, die ihm im Norden gerade gegenüber liegen, erblickt, unterscheidet ihn in der langen, ausgedehnten Gebirgskette leicht an diesem einfachen Merkmal, das ihn vor allen übrigen, weniger bekannten und hervorragenden Bergen auszeichnet.
Eine gute Strecke weit steigt das Uferland allmählich bergan; dann aber zertheilt es sich in Hügel und Thalschluchten, in Anhöhen und Ebenen, den Felsenmassen der beiden Berge gemäß und dem Bette, das sich die Fluten gewühlt haben. Der äußerste Rand, von den Buchten der Gewässer durchschnitten, besteht fast nur aus Kiessand und Kieselgestein; weiter hinaus sind Felder und Weinberge, einzelne Landgüter mit Wohnhäusern und Gehöften; auch Gebüsche ziehen sich hin und wieder den Berg hinauf. Lecco, die vorzüglichste dieser Ortschaften, die dem ganzen Gebiete den Namen giebt, liegt unfern der Brücke, am Ufer des Sees, und befindet sich sogar zum Theil im See selbst, wenn dieser anschwillt; heutzutage ein ansehnlicher Flecken, der auf dem Wege ist, eine Stadt zu werden. Zu der Zeit nun, als die Begebenheiten sich ereigneten, die wir erzählen wollen, war dieser ansehnliche Flecken auch eine Festung, hatte die Ehre, einen Befehlshaber zu beherbergen, und genoß den Vortheil, eine stehende Besatzung spanischer Soldaten zu besitzen, welche die Frauen und Jungfrauen des Landes Sittsamkeit lehrten, dann und wann einem und dem andern Ehemann oder Vater hülfreich zur Seite standen und am Ende des Sommers niemals ermangelten, sich in die Weinberge zu zerstreuen, um die Trauben zu pflücken und den Landleuten die schwere Mühe der Weinlese zu erleichtern. Von einem Acker zum andern, von der Anhöhe zum Ufer hernieder, von Hügel zu Hügel liefen und laufen noch heute große und kleine Fußwege, mehr oder weniger steil, oder eben; oft durchschneiden sie alte, aus Felsengestein gebildete Mauern, die von Epheu umschlungen über und über grün sind, und wo der erhobene Blick durch die überhangenden Felsen nichts als einen Streifen Himmel oder irgend eine Bergspitze entdeckt; zuweilen ziehen sie sich über offene Hochebenen hin, und von hier aus eröffnet sich dem Blick eine mehr oder weniger weite Aussicht, die aber immer neue Abwechselungen gewährt, je nachdem die verschiedenen Gesichtspunkte einen größern oder kleinern Theil der Gegend umfassen und je nachdem diese oder jene Landschaft hervortritt oder sich verbirgt: überall, wohin man blickt, der reichste Wechsel von Mannigfaltigkeit. Hier erscheint in weiter Ausdehnung der farbenschillernde Spiegel des Sees, der sich dort in weiter Ferne schließt, oder vielmehr sich in irgend einem Irrgange des Gebirges verliert; nach und nach breitet er sich zwischen andern Bergen wieder aus, die einer nach dem andern vor den Blicken auftauchen, und die der See, mit den kleinen Dorfschaften des Gestades in umgekehrtem Bilde zurückwirft. Auf jener Seite zeigt sich der Arm eines Flusses, dann ein See, dann wieder ein Fluß, der in leuchtender Schlangenwindung sich zwischen den Bergen verliert, die ihn begleiten und die, stufenweise sich senkend, gleichsam wie in blauer nebelhafter Ferne am Horizonte verschwinden. Der Ort, von welchem aus der Wanderer diese mannigfaltigen Schauspiele überschaut, bietet selbst immer neue Schauspiele dar; der Berg, an dessen Abhang man hinwandelt, wechselt fast bei jedem Schritte mit seinen Gipfeln und Gründen; was eben noch eine einzige Bergspitze schien, verwandelt sich unvermuthet in eine Bergkette, und was erst sich auf der Anhöhe darstellte, erscheint plötzlich auf ihrem Gipfel; der anmuthige und heimische Eindruck dieser Abhänge mildert so freundlich den Ausdruck des Wilden und schmückt umsomehr die Pracht der übrigen Aussichten.

Gli incipit della domenica - Alessandro Manzoni, The betrothed or The betrothed lovers

I promessi sposi ebbero dieci edizioni nel Regno Unito, tutte ottocentesche. La prima risale al 1828, l'ultima al 1873, entrambe nella traduzione di Charles Swan. L'unico altro traduttore del romanzo fu Andrews Norton per le edizioni del 1856 e 1867.

Alessandro Manzoni
That branch of the Lake of Como, which turns toward the south between two unbroken chains of mountains, presenting to the eye a succession of bays and gulfs, formed by their jutting and retiring ridges, suddenly contracts itself between a headland to the right and an extended sloping bank on the left, and assumes the flow and appearance of a river. The bridge by which the two shores are here united, appears to render the transformation more apparent, and marks the point at which the lake ceases, and the Adda recommences, to resume, however, the name of Lake where the again receding banks allow the water to expand itself anew into bays and gulfs. The bank, formed by the deposit of three large mountain streams, descends from the bases of two contiguous mountains, the one called St. Martin, the other by a Lombard name, Resegone, from its long line of summits, which in truth give it the appearance of a saw; so that there is no one who would not at first sight, especially viewing it in front, from the ramparts of Milan that face the north, at once distinguish it in all that extensive range from other mountains of less name and more ordinary form. The bank, for a considerable distance, rises with a gentle and continual ascent, then breaks into hills and hollows, rugged or level land, according to the formation of the mountain rocks, and the action of the floods. Its extreme border, intersected by the mountain torrents, is composed almost entirely of sand and pebbles; the other parts of fields and vineyards, scattered farms, country seats, and villages, with here and there a wood which extends up the mountain side. Lecco, the largest of these villages, and which gives its name to the district, is situated at no great distance from the bridge, upon the margin of the lake; nay, often, at the rising of the waters, is partly embosomed within the lake itself; a large town at the present day, and likely soon to become a city. At the period of our story, this village was also fortified, and consequently had the honour to furnish quarters to a governor, and the advantage of possessing a permanent garrison of Spanish soldiers, who gave lessons in modesty to the wives and daughters of the neighbourhood, and toward the close of summer never failed to scatter themselves through the vineyards, in order to thin the grapes, and lighten for the rustics the labours of the vintage. From village to village, from the heights down to the margin of the lake, there are innumerable
roads and paths: these vary in their character; at times precipitous, at others level; now sunk and buried between two ivy-clad walls, from whose depth you can behold nothing but the sky, or some lofty mountain peak; then crossing high and level tracts, around the edges of which they sometimes wind, occasionally projecting beyond the face of the mountain, supported by prominent masses resembling bastions, whence the eye wanders over the most varied and delicious landscape. On the one side you behold the blue lake, with its boundaries broken by various promontories and necks of land, and reflecting the inverted images of the objects on its banks; on the other, the Adda, which, flowing beneath the arches of the bridge, expands into a small lake, then contracts again, and holds on its clear serpentining course to the distant horizon: above, are the ponderous masses of the shapeless rocks; beneath, the richly cultivated acclivity, the fair landscape, the bridge; in front, the opposite shore of the lake, and beyond this, the mountain, which bounds the view.

Gli incipit della domenica - Alessandro Manzoni, I promessi sposi (1840)

"Il capolavoro della letteratura italiana del XIX secolo è I Promessi Sposi. Tutti gli italiani, meno pochi, lo odiano, perché sono stati obbligati a leggerlo a scuola. Io debbo ringraziare mio padre, che mi ha incoraggiato a leggere questo romanzo prima che la scuola mi obbligasse, e per questo lo amo" (Umberto Eco).
Questa è l'edizione definitiva del romanzo, quella da noi studiata e conosciuta, la cosiddetta 'quarantana'.

Alessandro Manzoni
Quel ramo del lago di Como, che volge a mezzogiorno, tra due catene non interrotte di monti, tutto a seni e a golfi, a seconda dello sporgere e del rientrare di quelli, vien, quasi a un tratto, a ristringersi, e a prender corso e figura di fiume, tra un promontorio a destra, e un’ampia costiera dall’altra parte; e il ponte, che ivi congiunge le due rive, par che renda ancor più sensibile all’occhio questa trasformazione, e segni il punto in cui il lago cessa, e l’Adda rincomincia, per ripigliar poi nome di lago dove le rive, allontanandosi di nuovo, lascian l’acqua distendersi e rallentarsi in nuovi golfi e in nuovi seni. La costiera, formata dal deposito di tre grossi torrenti, scende appoggiata a due monti contigui, l’uno detto di san Martino, l’altro, con voce lombarda, il Resegone, dai molti suoi cocuzzoli in fila, che in vero lo fanno somigliare a una sega: talchè non è chi, al primo vederlo, purchè sia di fronte, come per esempio di su le mura di Milano che guardano a settentrione, non lo discerna tosto, a un tal contrassegno, in quella lunga e vasta giogaia, dagli altri monti di nome più oscuro e di forma più comune. Per un buon pezzo, la costa sale con un pendìo lento e continuo; poi si rompe in poggi e in valloncelli, in erte e in ispianate, secondo l’ossatura de’ due monti, e il lavoro dell’acque. Il lembo estremo, tagliato dalle foci de’ torrenti, è quasi tutto ghiaia e ciottoloni; il resto, campi e vigne, sparse di terre, di ville, di casali; in qualche parte boschi, che si prolungano su per la montagna. Lecco, la principale di quelle terre, e che dà nome al territorio, giace poco discosto dal ponte, alla riva del lago, anzi viene in parte a trovarsi nel lago stesso, quando questo ingrossa: un gran borgo al giorno d’oggi, e che s’incammina a diventar città. Ai tempi in cui accaddero i fatti che prendiamo a raccontare, quel borgo, già considerabile, era anche un castello, e aveva perciò l’onore d’alloggiare un comandante, e il vantaggio di possedere una stabile guarnigione di soldati spagnoli, che insegnavan la modestia alle fanciulle e alle donne del paese, accarezzavan di tempo in tempo le spalle a qualche marito, a qualche padre; e, sul finir dell’estate, non mancavan mai di spandersi nelle vigne, per diradar l’uve, e alleggerire a’ contadini le fatiche della vendemmia. Dall’una all’altra di quelle terre, dall’alture alla riva, da un poggio all’altro, correvano, e corrono tuttavia, strade e stradette, più o men ripide, o piane; ogni tanto affondate, sepolte tra due muri, donde, alzando lo sguardo, non iscoprite che un pezzo di cielo e qualche vetta di monte; ogni tanto elevate su terrapieni aperti: e da qui la vista spazia per prospetti più o meno estesi, ma ricchi sempre e sempre qualcosa nuovi, secondo che i diversi punti piglian più o meno della vasta scena circostante, e secondo che questa o quella parte campeggia o si scorcia, spunta o sparisce a vicenda. Dove un pezzo, dove un altro, dove una lunga distesa di quel vasto e variato specchio dell’acqua; di qua lago, chiuso all’estremità o piuttosto smarrito in un gruppo, in un andirivieni di montagne, e di mano in mano più allargato tra altri monti che si spiegano, a uno a uno, allo sguardo, e che l’acqua riflette capovolti, co’ paesetti posti sulle rive; di là braccio di fiume, poi lago, poi fiume ancora, che va a perdersi in lucido serpeggiamento pur tra’ monti che l’accompagnano, degradando via via, e perdendosi quasi anch’essi nell’orizzonte. Il luogo stesso da dove contemplate que’ vari spettacoli, vi fa spettacolo da ogni parte: il monte di cui passeggiate le falde, vi svolge, al di sopra, d’intorno, le sue cime e le balze, distinte, rilevate, mutabili quasi a ogni passo, aprendosi e contornandosi in gioghi ciò che v’era sembrato prima un sol giogo, e comparendo in vetta ciò che poco innanzi vi si rappresentava sulla costa: e l’ameno, il domestico di quelle falde tempera gradevolmente il selvaggio, e orna vie più il magnifico dell’altre vedute.

Gli incipit della domenica - Alessandro Manzoni, I promessi sposi (1827)

Questa è la seconda stesura di Manzoni, ma la prima a stampa, la cosiddetta 'ventisettana'.

Alessandro Manzoni
Quel ramo del lago di Como che volge a mezzogiorno tra due catene non interrotte di monti, tutto a seni e a golfi, a seconda dello sporgere e del rientrare di quelli, viene quasi a un tratto a ristringersi e a prender corso e figura di fiume, tra un promontorio a destra, e un'ampia riviera di rincontro; e il ponte, che ivi congiunge le due rive, par che renda ancor più sensibile all'occhio questa trasformazione, e segni il punto in cui il lago cessa, e l'Adda ricomincia, per ripigliar poi nome di lago dove le rive, allontanandosi di nuovo, lasciano l'acqua distendersi e allentarsi in nuovi golfi e in nuovi seni. La riviera, formata dal deposito di tre grossi torrenti, scende appoggiata a due monti contigui, l'uno detto di san Martino, l'altro, con voce lombarda, il Resegone dai molti suoi cocuzzoli in fila, che in vero lo fanno somigliare una sega: talchè non è chi, al primo vederlo, purchè sia di fronte, come per esempio dai bastioni di Milano che rispondono verso settentrione, non lo discerna tosto, con quel semplice indizio, in quella lunga e vasta giogaia, dagli altri monti di nome più oscuro e di forma più comune. Per un buon tratto la riviera sale con un pendìo lento e continuo; poi si dirompe in poggi e in valloncelli, in erte e in ispianate, secondo l'ossatura dei due monti e il lavoro dell'acque. Il lembo estremo, interciso dalle foci de' torrenti, è pressochè tutto ghiaia e ciottoloni; il resto, campi e vigneti, sparsi di terre, di ville, di casali; in qualche parte boschi, che si prolungano su per la montagna. Lecco,la principale di quelle terre, e che dà nome al territorio, giace poco discosto dal ponte, alla riva del lago, anzi viene in parte a trovarsi nel lago stesso, quando egli ingrossa: un gran borgo al giorno d'oggi, e che s'incammina a diventare città, Ai tempi in cui accaddero i fatti che imprendiamo di raccontare, quel borgo già considerabile era anche un castello, e aveva perciò l'onore di alloggiare un comandante, e il vantaggio di possedere una stabile guarnigione di soldati spagnuoli, che insegnavano la modestia alle,fanciulle e alle donne del paese, accarezzavano di tempo in tempo le spalle a qualche marito, a qualche padre, e sul finire della state, non mancavano mai di spandersi nelle vigne, per diradare le uve, e alleggerire ai contadini le fatiche della vendemmia. Dall'una all'altra di quelle terre, dalle alture alla riva, da un poggio all'altro, correvano e corrono tuttavia strade e stradette, ripide, acclivi, piane, tratto tratto affondate,sepolte fra due muri, donde, levando il guardo, non iscoprite che un pezzo di cielo e qualche vetta di monte; tratto tratto elevate su aperti terrapieni; e da quivi la vista spazia per prospetti più o meno estesi, ma ricchi sempre e sempre qualcosa nuovi, secondo che i diversi punti piglian più o meno della vasta scena circostante, e secondo che questa o quella parte campeggia o si scorcia, spunta o sparisce a vicenda. Dove un tratto, dove un altro, dove una lunga distesa di quel vasto e svariato specchio dell'acqua; di qua lago, chiuso all'estremità'o piuttosto smarrito entro un gruppo, un andirivieni di montagne, e di mano in mano più espanso tra altri monti che si spiegano ad uno ad uno allo sguardo, e che l'acqua riflette capovolti, coi paesetti posti insulle rive; di là braccio di fiume, poi lago, poi fiume ancora,che va a perdersi in lucido serpeggiamento pur fra i monti, che l'accompagnano, digradando via via, e perdendosi quasi anch'essi nell'orizzonte. Il luogo stesso da cui contemplate que' varii spettacoli, vi fa spettacolo da ogni banda: il monte di cui passeggiate le falde, vi svolge, al di sopra, d'intorno, le sue cime e le balze, distinte, rilevate, mutabili a ogni tratto di mano, aprendosi e contornandosi in gioghi ciò che v'era sembrato prima un sol giogo, e comparendo in vetta ciò che poco innanzi visi rappresentava in sulla costa: e l'ameno, il domestico di quelle falde tempera gradevolmente il selvaggio, e orna vie più il magnifico dell'altre vedute.

Gli incipit della domenica - Alessandro Manzoni, Fermo e Lucia (1821-1823)

Prima e malferma stesura del romanzo manzoniano,Fermo e Lucia venne pubblicato solo nel 1915 col titolo Gli sposi promessi. Ne dice l'autore stesso: "[Esso è] un composto indigesto di frasi un po' lombarde, un po' toscane, un po' francesi, un po' anche latine; di frasi che non appartengono a nessuna di queste categorie, ma sono cavate per analogia e per estensione o dall'una o dall'altra di esse".

Alessandro Manzoni
Quel ramo del lago di Como d'onde esce l'Adda e che giace fra due catene non interrotte di monti da settentrione a mezzogiorno, dopo aver formati varj seni e per così dire piccioli golfi d'ineguale grandezza, si viene tutto ad un tratto a ristringere; ivi il fluttuamento delle onde si cangia in un corso diretto e continuato di modo che dalla riva si può per dir così segnare il punto dove il lago divien fiume. Il ponte che in quel luogo congiunge le due rive, rende ancor più sensibile all'occhio ed all'orecchio questa trasformazione: poiché gli argini perpendicolari che lo fiancheggiano non lasciano venir le onde a battere sulla riva ma le avviano rapide sotto gli archi; e presso quegli argini uno può quasi sentire il doppio e diverso romore dell'acqua, la quale qui viene a rompersi in piccioli cavalloni sull'arena, e a pochi passi tagliata dalle pile di macigno scorre sotto gli archi con uno strepito per così dire fluviale. Dalla parte che guarda a settentrione e che a quel punto si può chiamare la riva destra dell'Adda, il ponte posa sopra un argine addossato alla estrema falda del Monte di San Michele, il quale si bagnerebbe nel fiume se l'argine non vi fosse frapposto. Ma dall'opposto lato il ponte è appoggiato al lembo di una riviera che scende verso il lago con un molle pendio, sul quale per lungo tratto il passaggero può quasi credere di scorrere una perfetta pianura. Questa riviera è manifestamente formata da tre grossi torrenti i quali spingendo la ghiaja, i ciottoli, e i massi rotolanti dal monte, hanno a poco a poco spinte le rive avanti nel lago, ed erano abbastanza vicini perché le ghiaje gettate da essi a destra e a sinistra abbiano potuto col tempo toccarsi e formare un terreno sodo. Allora hanno cominciato a correre in un letto alquanto più regolare, poiché questi stessi depositi hanno loro servito d'argine, e il successivo loro impicciolimento cagionato dall'abbassamento dei monti, dal diboscamento, e dalla dispersione delle acque gli ha rinchiusi in un letto più angusto. Così il terreno che li divide ha potuto essere abitato e coltivato dagli uomini. Il lembo della riviera che viene a morire nel lago è di nuda e grossa arena presso ai torrenti, e uliginoso negli intervalli, ma appena appena dove il terreno s'alza al disopra delle escrescenze del lago e del traripamento della foce dei torrenti, ivi tutto è prati campagne e vigneti, e questo tratto d'ineguale lunghezza è in alcuni luoghi forse d'un miglio. Dove il pendio diventa più ripido son più frequenti, e assai più lo erano per lo passato, gli ulivi; al disopra di questi e sulle falde antiche dei monti cominciano le selve di castagni, e al di sopra di queste sorgono le ultime creste dei monti in parte nudo e bruno macigno in parte rivestite di pascoli verdissimi, in parte coperte di carpini, di faggi, e di qualche abete. Fra questi alberi crescono pure varie specie di sorbi, e di dafani, il cameceraso, il rododendro ferrugigno, ed altre piante montane le quali rallegrano e sorprendono il cittadino dilettante di giardini che per la prima volta le vede in quei boschi, e che non avendole incontrate che negli orti e nei giardini è avvezzo a considerarle colla fantasia come quasi un prodotto della coltura artificiale piuttosto che una spontanea creazione della natura. Dove però la mano dell'uomo ha potuto portare una più fruttifera coltivazione fino presso alle vette, non ha lasciato di farlo, e si vedono di tratto in tratto dei piccioli vigneti posti su un rapido pendio, e che terminano col nudo sasso del comignolo. La riviera è tutta sparsa di case e di villaggi: altri alla riva del lago, anzi nel lago stesso quando le sue acque s'innalzano per le piogge, altri sui varj punti del pendio, fino al punto dove la montagna è nuda, perpendicolare, ed inabitabile. 
Lecco è la principale di queste terre e dà il nome alla riviera: un grosso borgo a questi tempi, e che altre volte aveva l'onore di essere un discretamente forte castello, onore al quale andava unito il piacere di avervi una stabile guarnigione, ed un comandante, che all'epoca in cui accade la storia che siamo per narrare era spagnuolo. Dall'una all'altra di queste terre, dalle montagne al lago, da una montagna all'altra corrono molte stradicciuole ora erte, ora dolcemente pendenti, ora piane, chiuse per lo più da muri fatti di grossi ciottoloni, e coperti qua e là di antiche edere le quali, dopo aver colle barbe divorato il cemento, ficcano le barbe stesse fra un sasso e l'altro, e servono esse di cemento al muro che tutto nascondono. Di tempo in tempo invece di muri passano le anguste strade fra siepi nelle quali al pruno e al biancospino s'intreccia di tratto in tratto il melagrano, il gelsomino, il lilac e il filadelfo. Una di queste strade percorre tutta la riviera ora abbassandosi, ora tirando più verso il monte, ora in mezzo alle vigne, ed ora sulla linea che divide i colti dalle selve. Questa strada è talvolta seppellita fra due muri che superano la testa del passaggero, dimodoché egli non vede altro che il cielo e le vette dei monti: ma spesso lascia un libero campo alla vista la quale quasi ad ogni passo scopre nuovi ampi e bellissimi prospetti. Poiché guardando verso settentrione tu vedi il lago chiuso nei monti, che sporgono innanzi e rientrano, e formano ad ogni tratto seni, o ameni o tetri, finché la vista si perde in uno sfondo azzurro di acque e di montagne; verso mezzogiorno vedi l'Adda che appena uscita dagli archi del ponte torna a pigliar figura di lago, e poi si ristringe ancora e scorre come fiume dove il letto è occupato da banchi di sabbia portati da torrenti, che formano come tanti istmi: dimodoché l'acqua si vede prolungarsi fino all'orizzonte come una larga e lucida spira. Sul capo hai i massi nudi e giganteschi, e le foreste, e guardando sotto di te, e in faccia, vedi il lungo pendio distinto dalle varie colture, che sembrano strisce di varj verdi, il ponte ed un breve tratto di fiume fra due larghi e limpidi stagni, e poscia risalendo collo sguardo lo arresti sul Monte Barro che ti sorge in faccia, e chiude il lago dall'altra parte. Ma non termina quel monte la vista da ogni parte, poiché di promontorio in promontorio declina fino ad una valle che lo separa dal monte vicino; e come in alcune parti la stradetta si eleva al disopra del livello di questa valle, da quei punti il tuo occhio segue fra i due monti che hai in prospetto un'apertura che dalla valle ti lascia travedere qualche parte dell'amenissimo piano che è posto al mezzogiorno del Monte Barro. La giacitura della riviera, i contorni, e le viste lontane, tutto concorre a renderlo un paese che chiamerei uno dei più belli del mondo, se avendovi passata una gran parte della infanzia e della puerizia, e le vacanze autunnali della prima giovinezza, non riflettessi che è impossibile dare un giudizio spassionato dei paesi a cui sono associate le memorie di quegli anni.

Per tutti i gatti del mondo

Raethia Corsini
Georges Brassens del gatto ha detto: «È l’animale più bello, il più nobile. D’una regale, d’una selvatica indipendenza, rifiuta qualsiasi padrone imposto. Il suo, se l’è scelto, ed è un amico al quale saprà restare fedele fino alla morte. Senza bassezze, senza servilismo alcuno. Da pari a pari. Ed è per questo che l’amo». I mici risultano essere gli a-mici preferiti di scrittori e poeti e quella di Brassens è solo una delle mille citazioni possibili. C'è una lista lunga di nomi celebri in letteratura che si sono fatti ritrarre con il proprio piccolo felino e al quale hanno dedicato pensieri, interi libri e poesie. Ecco, le poesie sono secondo me l'espressione più vicina all'essenza dei gatti: qui c'è una sparuta selezione, fatta con i sensi più che con l'intelletto - non è quindi frutto di anthología, non c'è florilegio - una minima cernita di quelle che ho incontrato e incontro nelle mie letture indisciplinate e vagabonde da sempre ritmate dalle fusa di chi mi zampetta vicino al cuore. In questa domenica che avvia l'ultimo mese dell'anno, spingendo l'autunno alle spalle, dedico questa minuscola striscia poetica agli amici degli "a-mici", quelli che ci sono stati e quelli che ancora ci fanno compagnia. Che sia una domenica felinaménte indolente, senza rimorsi.


[da] Il libro dei gatti tuttofare
È una faccenda difficile mettere il nome ai gatti;
niente che abbia a che vedere, infatti,
con i soliti giochi di fine settimana.
Potete anche pensare a prima vista,
che io sia matto come un cappellaio,

eppure, a conti fatti,
vi assicuro che un gatto deve avere in lista,
TRE NOMI DIFFERENTI. Prima di tutto quello che in
famiglia
potrà essere usato quotidianamente,
un nome come Pietro, Augusto, o come
Alonzo, Clemente;
come Vittorio o Gionata, oppure Giorgio o Giacomo
Vaniglia -
tutti nomi sensati per ogni esigenza corrente.
Ma se pensate che abbiano un suono più ameno,
nomi più fantasiosi si possono consigliare:
qualcuno pertinente ai gentiluomini,
altri più adatti invece alle signore:
nomi come Platone o Admeto, Elettra o
Filodemo -
tutti nomi sensati a scopo familiare.
Ma io vi dico che un gatto ha bisogno di un nome
che sia particolare, e peculiare, più dignitoso;
come potrebbe, altrimenti, mantenere la coda
perpendicolare,
mettere in mostra i baffi o sentirsi orgoglioso?
Nomi di questo genere posso fornirvene un quorum,
nomi come Mustràppola, Tisquàss o Ciprincolta,
nome Babalurina o Mostradorum,
nomi che vanno bene soltanto a un gatto per volta.
Comunque gira e rigira manca ancora un nome:
quello che non potete nemmeno indovinare,
né la ricerca umana è in grado di scovare;
ma IL GATTO LO CONOSCE, anche se mai lo confessa.
Quando vedete un gatto in profonda meditazione,
la ragione, credetemi, è sempre la stessa:
ha la mente perduta in rapimento e in contemplazione
del pensiero, del pensiero, del pensiero del suo nome:
del suo ineffabile effabile
effineffabile
profondo e inscrutabile unico NOME.
(Thomas Stearns Eliot )

Il gatto e la luna
Il gatto andava qua e là e la luna
girava in tondo come una trottola
e il più prossimo parente della luna,
il gatto strisciante, guardò su.
Il nero Minnaloushe fissava la luna,
ché, nel suo gemere e vagare,
la pura luce fredda su nel cielo
agitava il suo sangue d’animale.
Minnaloushe corre nell’erba
levando le zampe delicate.
Danzi, Minnaloushe, danzi?
Quando due parenti stretti s’incontrano,
cosa c’è di meglio che ballare?
Forse la luna può imparare,
stanca di quelle maniere regali,
un nuovo giro di danza.
Minnaloushe striscia nell’erba
da un luogo all’altro al chiaro di luna,
il sacro astro lassù
è entrato in una nuova fase.
Lo sa Minnaloushe che le sue pupille
andranno di mutamento in mutamento,
passando dal plenilunio alla falce,
dalla falce al plenilunio?
Minnaloushe striscia nell’erba
solo, compreso e guardingo,
e alza alla mutevole luna
i suoi occhi mutevoli.
(William Butler Yeats)

Canto per il gatto Alvaro
Fra le mie braccia è il tuo nido,
o pigro, o focoso genio, o lucente,
o mio futile! Mezzogiorni e tenebre
son tue magioni, e ti trasformi
di colomba in gufo, e dalle tombe
voli alle regioni dei fumi.
Quando ogni luce è spenta, accendi al nero
le tue pupille, o doppiero
del mio dormiveglia, e s’incrina
la tregua solenne, ardono effimere
mille torce, tigri infantili
s’inseguono nei dolci deliri.
Poi riposi le fatue lampade
che saranno al mattino il vanto
del mio davanzale, il fior gemello
occhibello. E t’ero uguale!
Uguale! Ricordi, tu,
arrogante mestizia? Di foglie
tetro e sfolgorante, un giardino
abitammo insieme, fra il popolo
barbaro del Paradiso. Fu per me l’esilio,
ma la camera tua là rimane,
e nella mia terrestre fugace passi
giocante pellegrino. Perché mi concedi
il tuo favore, o selvaggio?

Mentre i tuoi pari, gli animali celesti
gustan le folli indolenze, le antelucane feste
di guerre e cacce senza cuori, perché
tu qui con me? Perenne, tu, libero, ingenuo,
e io tre cose ho in sorte:
prigione peccato e morte.
Fra lune e soli, fra lucenti spini, erbe e chimere
saltano le immortali giovani fiere,
i galanti fratelli dai bei nomi: Ricciuto,
Atropo, Viola, Fior di Passione, Palomba,
nel fastoso uragano del primo giorno…

E tu? Per amor mio?

Non mi rispondi? Le confidenze invidiate
imprigioni tu, come spada di Damasco le storie d’oro
in velluto zebrato. Segreti di fiere
non si dicono a donne. Chiudi gli occhi e cantami
lusinghe lusinghe coi tuoi sospiri ronzanti,
ape mia, fila i tuoi mieli.
Si ripiega la memoria ombrosa
d’ogni domanda io voglio riposarmi.

L’allegria d’averti amico
basta al cuore. E di mie fole e stragi
coi tuoi baci, coi tuoi dolci lamenti,
tu mi consoli,
o gatto mio!
(Elsa Morante)

I gatti
Che dolce profumo esala da quel pelo
biondo e bruno! Com’ero tutto profumato
una sera che l’accarezzai
una volta, una soltanto!

È lui il mio genio tutelare!
Giudica, governa e ispira
ogni cosa nel suo impero;
è una fata? O forse un dio?

Quando i miei occhi, attratti
come da calamita, dolci si volgono
a quel gatto che amo
e guardo poi in me stesso,
che meraviglia il fuoco
di quelle pallide pupille,
di quei chiari fanali, di quei viventi opali
che fissi mi contemplano!
(Charles Baudelaire)


Un gatto intellettuale
Esplora tutte le scatole
perlustra tutti i cassetti
curiosare per decifrare
questo è il gatto ermeneutico.
Il suo pensiero forte è miagolare
di notte tra i parafulmini sul tetto
il suo pensiero debole ma sapienziale
ronfare davanti al caminetto.

(Luciano Erba)


Ode al gatto
Gli animali furono imperfetti/lunghi di coda plumbei di testa/piano piano si misero in ordine/divennero paesaggio/acquistarono grazia nel volo./ Il gatto, soltanto il gatto/apparve completo e orgoglioso/nacque completamente rifinito/cammina solo e sa quello che vuole.
L’uomo vuole essere pesce e uccello/il serpente vorrebbe avere ali/il cane è un leone spaesato/l’ingegnere vuol essere poeta/la mosca studia per rondine/il poeta cerca di imitare la mosca/ma il gatto vuol solo essere gatto/ed ogni gatto è gatto dai baffi alla coda/dal fiuto al topo vivo dalla notte fino ai suoi occhi d’oro.

Non c’è unità come la sua/non hanno la luna o il fiore/una tale coesione è una sola cosa/come il sole o il topazio/e l’elastica linea del suo corpo salda e sottile è come la linea della prua/di una nave i suoi occhi gialli/hanno lasciato una sola fessura/per gettarvi le monete della notte.
Oh piccolo imperatore senz’orbe/conquistatore senza patria/minima tigre da salotto/nuziale sultano del cielo/dalle tegole erotiche/il vento dell’amore all’aria aperta/reclami quando passi e posi/quattro piedi delicati sul suolo/fiutando diffidando/di ogni cosa terrestre/perchè tutto è immondo/per l ‘immacolato piede del gatto.
Oh fiera indipendente della casa/arrogante vestigio della notte/neghittoso ginnastico ed estraneo/profondissimo gatto/poliziotto segreto delle stanze/insegna di un irreperibile velluto/probabilmente non c’è enigma/nel tuo contegno forse non sei mistero/tutti sanno di te ed appartieni/all’abitante meno misterioso/forse tutti si credono padroni/proprietari parenti di gatti/compagni colleghi discepoli o amici/del proprio gatto.
Io no/io non sono d’accordo/io non conosco il gatto/so tutto/la vita e il suo arcipelago/il mare e la città incalcolabile/la botanica/il gineceo coi suoi peccati/il per e il meno della matematica/gli imbuti vulcanici del mondo/il guscio irreale del coccodrillo/la bontà ignorata del pompiere/l’atavismo azzurro del sacerdote/ma non riesco a decifrare un gatto/sul suo distacco la ragione slitta/numeri d’oro/stanno nei suoi occhi.
(Pablo Neruda)

Autunno
Il gatto rincorre le foglie
secche sul marciapiede.
Le contende (vive le crede)
alla scopa che le raccoglie.

Quelle che da rami alti
scendono rosse e gialle
sono certo farfalle
che sfidano i suoi salti.

La lenta morte dell'anno
non è per lui che un bel gioco,
e per gli uomini che ne fanno
al tramonto un lieto fuoco.

(Gianni Rodari)


A un gatto
Non sono più silenziosi gli specchi
né più furtiva l’alba avventuriera;
sei, sotto la luna, quella pantera
che a noi è dato percepire da lontano.

Per opera indecifrabile di un decreto
divino ti cerchiamo invano;
più remoto del Gange e del Ponente
tua è la solitudine, tuo il segreto.

La tua schiena accondiscende la carezza
lenta della mia mano. Hai accolto,
da quella eternità che è già oblio,
l’amore di una mano timorosa.
Sei in un altro tempo. Sei il padrone
di un abito chiuso come un sogno.
(Jorge Luis Borges)

I gatti
Lo so. Lo so.
Sono limitati, hanno diverse
esigenze e
preoccupazioni
ma io li guardo e apprendo.
Mi piace il poco che sanno
che in fin dei conti
è molto.
Si lamentano ma
non si angustiano,
avanzano con sorprendente dignità.
dormono con una tale semplicità
che agli umani sfugge.
I loro occhi sono
più belli dei nostri
e possono dormire per venti ore
al giorno
senza esitazione o
rimorso.
Quando mi sento
abbattuto
devo solo guardare
i miei gatti
e mi torna il coraggio.
Studio queste
creature.
Sono i miei
maestri.
(Charles Bukowski)

Il gatto
Il gatto è un animale che ha due zampe davanti,
due zampe dietro,
due zampe sul lato sinistro e
due zampe sul lato destro.
Le zampe davanti gli servono per correre
le zampe dietro gli servono per frenare.
Il gatto ha una coda che segue il corpo. 
Essa finisce improvvisamente.
Egli ha dei peli sotto il naso,rigidi come fili di ferro.
E’ per questo che egli è dell’ordine dei “Filini”.
Ogni tanto il gatto desidera avere dei piccoli.
Allora li fa: è in quel momento che diventa una gatta.
(testo di un bambino di 9 anni, pubblicato da “Le Figaro” il 6 maggio 1952) 
Privacy Policy